
La préparation de la retraite représente aujourd’hui un enjeu majeur pour les actifs français face à la baisse progressive des pensions publiques. Le Plan d’Épargne Retraite individuel proposé par Generali s’impose comme l’une des solutions les plus complètes du marché, combinant avantages fiscaux immédiats et perspectives de rendement à long terme. Cette analyse technique détaillée examine les spécificités contractuelles, les performances historiques et les stratégies d’optimisation fiscale de ce produit phare de l’épargne retraite française. L’assureur italien, présent en France depuis plus de 180 ans, capitalise sur son expertise actuarielle pour proposer un contrat aux mécanismes sophistiqués.
Analyse détaillée du contrat PER generali et de ses modalités techniques
Structure juridique du plan d’épargne retraite individuel generali
Le PER Generali s’articule autour d’un contrat d’assurance de groupe sur la vie à adhésion individuelle, souscrit par l’association Le Cercle des Épargnants auprès de Generali Retraite. Cette structure juridique spécifique permet de bénéficier du statut de Fonds de Retraite Professionnelle Supplémentaire (FRPS), offrant des garanties renforcées pour les épargnants. Le contrat se décline en trois compartiments distincts selon l’origine des fonds : versements volontaires déductibles ou non déductibles (compartiment C1), épargne salariale et transferts (compartiment C2), et versements obligatoires employeur-salarié (compartiment C3).
La gestion technique du contrat repose sur une séparation stricte entre les engagements de chaque compartiment, permettant une optimisation fiscale différenciée selon la nature des versements. Cette architecture contractuelle garantit la traçabilité des flux financiers et respecte scrupuleusement les dispositions du Code monétaire et financier relatives aux PER. L’assureur Generali Retraite bénéficie d’un agrément spécifique de l’ACPR pour la gestion des engagements de retraite supplémentaire, renforçant la sécurité juridique du dispositif.
Mécanisme de déduction fiscale et plafonds applicables selon l’article 163 quatervicies du CGI
Le régime fiscal du PER Generali s’appuie sur l’article 163 quatervicies du Code général des impôts, permettant la déduction des versements volontaires du revenu imposable. Pour les salariés, le plafond de déduction s’élève à 10% des revenus professionnels de l’année précédente, plafonné à 37 680 euros en 2026. Les travailleurs non salariés bénéficient d’un plafond majoré, calculé sur la base de 10% du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, augmenté de 15% de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, soit un maximum théorique de 88 911 euros.
La réforme 2026 a étendu la durée de report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans, offrant une flexibilité accrue pour l’optimisation fiscale pluriannuelle. Cette mesure s’avère particulièrement avantageuse pour les professions libérales aux revenus irréguliers. Toutefois, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles depuis 2026, marquant un durcissement du dispositif fiscal. La déduction reste facultative, permettant aux épargnants de choisir entre avantage fiscal à l’entrée et exonération partielle
partielle de l’impôt à la sortie en cas de non-déduction. C’est un véritable levier de pilotage : à chaque versement important, vous devez arbitrer entre “gain fiscal immédiat” et “souplesse future”, en fonction de votre tranche marginale d’imposition et de vos projets patrimoniaux.
Frais de gestion annuels et commissionnements sur versements du PER generali
Sur le PER Generali Patrimoine distribué en réseau traditionnel, la grille de frais reste clairement dans le haut de la fourchette du marché. Les frais sur versements peuvent atteindre 4,50 % (voire 5 % sur certains anciens PER Madelin ou PERP transférés), ce qui signifie que pour 10 000 € versés, seuls 9 550 € sont réellement investis. Ces frais sont théoriquement négociables avec votre intermédiaire (agent, CGP, banque), mais en pratique beaucoup de contrats sont souscrits au maximum contractuel.
Les frais de gestion annuels s’élèvent à 0,90 % sur le fonds euros et 1,00 % à 1,10 % sur les unités de compte, avec une majoration pour les ETF et titres vifs. À cela peuvent s’ajouter des frais de gestion financière internes aux supports (OPCVM, SCPI, fonds de private equity), souvent invisibles pour l’épargnant mais bien réels sur la performance nette. Enfin, les arbitrages sont facturés jusqu’à 0,50 % du montant arbitré, avec un minimum de 15 € en ligne et 30 € par courrier, ce qui renchérit fortement une gestion active.
Concrètement, une structure de frais cumulant 4,50 % à l’entrée, 1,10 % par an sur les UC et des frais d’arbitrage payants peut grignoter plusieurs dizaines de milliers d’euros de performance sur 20 ou 25 ans. C’est la raison pour laquelle certains épargnants préfèrent transférer leur PER Generali vers des contrats en ligne (Spirica, Suravenir, Cardif…) à frais d’entrée nuls et frais de gestion réduits à 0,50 % ou 0,60 % sur unités de compte. Sur un horizon retraite long, la bataille se gagne d’abord sur les frais avant même de parler de performance financière.
Options de sortie en rente viagère et capital : modalités techniques
Le PER Generali offre une grande souplesse au moment de la liquidation de vos droits à la retraite. Vous pouvez opter pour une sortie en capital (unique ou fractionnée), une sortie en rente viagère ou un panachage des deux, selon les compartiments et la nature des versements. La part issue des versements obligatoires (compartiment C3) doit toutefois obligatoirement être convertie en rente viagère, conformément à la réglementation.
En matière de rente, Generali propose plusieurs options techniques : rente viagère simple, rente réversible (de 50 % à 200 % au profit du conjoint ou partenaire de PACS), rente avec annuités garanties, ou rente par paliers (croissante ou décroissante) pour accompagner, par exemple, une baisse progressive de vos charges. Le taux de conversion du capital en rente est généralement garanti dès l’adhésion ou à défaut au moment de la liquidation, ce qui sécurise le montant minimal des revenus futurs malgré l’allongement de l’espérance de vie.
La sortie en capital peut être réalisée en une seule fois ou sous forme de capital fractionné sans plafond légal sur le nombre de fractions. Cela permet, par exemple, de débloquer une partie du capital pour financer un projet (résidence principale, travaux, donation) tout en conservant le reste investi. Techniquement, chaque fraction est traitée comme un rachat partiel avec sa propre fiscalité, ce qui permet d’optimiser finement la charge fiscale annuelle. Ce mécanisme est proche d’un “robinet de capital” que vous ouvrez et fermez en fonction de vos besoins et de votre tranche d’imposition.
Garanties plancher et protection du capital en cas de décès
Le PER Generali Patrimoine prévoit, en option, une garantie plancher décès qui sécurise le capital transmis à vos bénéficiaires en cas de décès avant la liquidation. Cette garantie vise à assurer, dans la limite d’un capital sous risque d’environ 300 000 €, le versement d’un montant au moins égal au cumul des versements bruts (nets de rachats), même si la valeur des unités de compte a chuté. En contrepartie, une cotisation de risque est prélevée annuellement sur le contrat, variable selon l’âge de l’assuré et le capital garanti.
En l’absence de garantie plancher, les bénéficiaires reçoivent la valeur de rachat du PER à la date de décès, incluant fonds euros et unités de compte. La fiscalité applicable dépend de l’âge de l’assuré au moment des versements (avant ou après 70 ans) et du lien de parenté, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I du CGI) pour les primes versées avant 70 ans. Il est donc crucial de bien rédiger la clause bénéficiaire et de la mettre à jour en cas d’évolution familiale (mariage, PACS, divorce, naissance) afin de tirer pleinement parti de cet outil de transmission.
Notons enfin que la combinaison “garantie plancher + fonds euros performant” peut constituer une sorte d’airbag patrimonial pour les épargnants proches de la retraite, en sécurisant un plancher de capital transmis tout en conservant une poche dynamique en unités de compte. Là encore, un arbitrage s’impose entre coût de la garantie et protection recherchée pour vos proches.
Performance des supports d’investissement du PER generali
Fonds euros generali vie : rendement historique et allocation d’actifs
Le fonds euros du PER Generali Patrimoine s’est distingué ces dernières années par des rendements supérieurs à la moyenne du marché. Sur la période récente, on observe des performances nettes de frais de gestion de l’ordre de 3,30 % en 2025, 3,40 % en 2024 et 3,50 % en 2023, quand la moyenne des fonds en euros classiques tournait plutôt entre 2,3 % et 2,7 %. Sur cinq ans, le rendement annualisé avoisine 3 %, ce qui est compétitif pour un support à capital garanti.
Cette performance s’explique par une allocation d’actifs relativement diversifiée : une poche majoritaire d’obligations souveraines et corporate investment grade, mais aussi une part non négligeable d’immobilier (bureaux, commerces, logistique) et d’actifs réels (infrastructures, dette privée). Generali a progressivement allongé la durée de ses portefeuilles obligataires pour capter les taux plus élevés post-2022, tout en conservant une politique de réserves permettant de lisser les rendements dans le temps.
Pour l’épargnant, le fonds euros joue le rôle de coussin de sécurité, en particulier dans la phase d’approche de la retraite ou pour un profil prudent. Toutefois, il ne doit pas être vu comme un moteur de performance à long terme, surtout en environnement inflationniste. Sur un horizon de 20 ans, une allocation exclusivement orientée fonds euros risque de ne pas préserver totalement votre pouvoir d’achat, d’où l’intérêt de combiner ce support sécurisé avec des unités de compte plus dynamiques.
Unités de compte disponibles : SCPI, ETF et fonds thématiques
Le PER Generali Patrimoine fait partie des contrats les mieux dotés du marché en matière d’unités de compte, avec plus de 1 000 supports référencés. On y trouve notamment des ETF (trackers) répliquant les grands indices mondiaux (MSCI World, S&P 500, Nasdaq 100, Euro Stoxx 50, indices obligataires), des SCPI de rendement de premier plan (bureaux, commerces, hôtellerie, santé), des SCI et OPCI, ainsi qu’une large gamme de fonds actions et obligations sectoriels ou géographiques.
Pour les investisseurs recherchant une diversification immobilière, le contrat référence une dizaine de SCPI (Épargne Foncière, Immorente, Primopierre, PFO2, Atream Hotels, Altixia Cadence XII, etc.) et plusieurs SCI de rendement (Capimmo, GF Pierre, Silver Avenir, Territoires Avenir…). Ces véhicules permettent de mutualiser le risque locatif et d’accéder à l’immobilier professionnel avec des tickets d’entrée réduits, au prix toutefois de frais internes élevés et d’une liquidité plus limitée.
Les amateurs de gestion indicielle peuvent se constituer un portefeuille core autour de quelques ETF à bas coûts, en particulier un ETF World, un ETF S&P 500 et un ETF émergents pour la partie actions, complétés par des ETF obligataires souverains ou corporate. Generali propose aussi des fonds thématiques et labellisés ISR/Greenfin, orientés sur la transition énergétique, la technologie, la santé ou encore les infrastructures durables. Cette richesse peut toutefois dérouter : l’enjeu est de ne pas se perdre dans un catalogue XXL et de rester fidèle à une allocation cible cohérente avec votre horizon et votre tolérance au risque.
Gestion pilotée horizon retraite : profils de risque et réallocation automatique
Pour les épargnants qui ne souhaitent pas gérer eux-mêmes la répartition entre fonds euros et unités de compte, Generali propose plusieurs modes de gestion pilotée à horizon retraite. Le principe ? Plus vous êtes éloigné de la retraite, plus l’allocation est exposée aux actifs risqués (actions, immobilier, high yield), puis la part sécurisée (fonds euros, obligations de qualité) augmente progressivement à mesure que l’échéance approche. C’est un peu comme un “pilote automatique” qui adapte le niveau de risque au fur et à mesure du vol.
Concrètement, le PER Generali offre généralement trois profils à horizon : Prudent, Équilibré et Dynamique. À plus de 20 ans de la retraite, un profil Dynamique pourra être investi à 70 % ou 80 % en unités de compte actions et immobilières, tandis qu’à moins de 5 ans de la retraite, la part de fonds euros peut dépasser 70 %. Cette mécanique de désensibilisation progressive vise à sécuriser le capital accumulé, tout en cherchant une performance supérieure à une gestion purement sécuritaire.
Le point faible du dispositif réside dans le manque de transparence publique sur les performances historiques de ces mandats pilotés, contrairement à certains concurrents en ligne qui publient des track records détaillés par profil. Néanmoins, pour un épargnant peu à l’aise avec les marchés, la gestion pilotée à horizon reste souvent préférable à une gestion libre approximative. Il s’agit en quelque sorte d’un “compromis intelligent” entre autonomie et délégation, à condition d’accepter les frais de mandat additionnels (en général autour de 0,30 % à 0,50 % par an).
Analyse comparative des frais sur unités de compte face aux contrats suravenir et spirica
Si l’on compare le PER Generali Patrimoine aux meilleurs contrats de PER assurantiels adossés à Suravenir ou Spirica, l’écart de frais sur unités de compte saute aux yeux. Là où Generali facture entre 0,90 % et 1,10 % de frais de gestion annuels sur UC (hors frais propres aux fonds), la plupart des PER distribués en ligne chez Suravenir ou Spirica se situent entre 0,50 % et 0,60 %. Certains contrats premium comme Lucya Cardif PER descendent même autour de 0,50 %.
Sur un horizon de 20 ans, cet écart de 0,40 à 0,60 point de pourcentage par an se traduit mécaniquement par une différence significative de capital final. Par exemple, à rendement brut identique de 6 % par an sur un portefeuille d’UC, un épargnant supportant 1,10 % de frais de gestion nets ne percevra qu’environ 4,9 % net, contre 5,4 % pour un contrat à 0,60 %. Sur un capital régulièrement alimenté, la différence peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros à la retraite.
En matière de frais sur versements, la comparaison est encore plus sévère : la plupart des PER Suravenir ou Spirica distribués par des courtiers en ligne appliquent 0 % de frais d’entrée, quand le PER Generali peut monter à 4,50 %. En revanche, Generali dispose d’un fonds euros généralement plus performant que la moyenne des PER bancaires ou mutualistes, ce qui atténue partiellement l’écart pour les profils prudents. In fine, le PER Generali reste compétitif pour qui privilégie fortement le fonds euros et négocie les frais de versement, mais il est moins armé face aux champions du low cost sur la partie unités de compte.
Optimisation fiscale et stratégies de versement sur le PER generali
Déductibilité des versements volontaires et impact sur le revenu imposable
Le principal atout du PER Generali demeure la possibilité de déduire vos versements volontaires de votre revenu imposable, dans les limites des plafonds précisés plus haut. Concrètement, si vous êtes imposé à 30 % et que vous versez 6 000 € sur votre PER, vous réalisez une économie d’impôt potentielle de 1 800 € l’année suivante. Votre effort d’épargne “net” ne s’élève plus qu’à 4 200 €, alors que 6 000 € travaillent pour vous sur les marchés.
Pour maximiser l’optimisation fiscale, il est pertinent d’ajuster le montant de vos versements en fonction de votre tranche marginale d’imposition (TMI) et des plafonds PER non utilisés (y compris ceux de votre conjoint en cas d’imposition commune). Les années où vos revenus sont exceptionnellement élevés (prime, cession d’entreprise, bonus), vous pouvez ainsi réaliser des versements plus importants afin de lisser votre TMI sur plusieurs années. À l’inverse, en cas de baisse de revenus ou de passage temporaire dans une tranche inférieure, il peut être judicieux de réduire ou suspendre vos versements déductibles.
Rappelons toutefois que la déductibilité n’est pas obligatoire : vous pouvez cocher l’option “versements non déductibles” pour tout ou partie de vos apports. Ce choix sera particulièrement pertinent si vous êtes faiblement imposé aujourd’hui et que vous anticipez une fiscalité stable ou plus élevée à la retraite, ou si vous souhaitez préserver une sortie en capital largement défiscalisée. Le PER devient alors une enveloppe de capitalisation de long terme, fiscalement avantageuse à la sortie plutôt qu’à l’entrée.
Transfert d’un PERP ou contrat madelin vers le PER generali
Beaucoup d’épargnants disposent encore d’anciens dispositifs retraite (PERP, Madelin, Article 83, PERCO) aux frais élevés et à l’architecture peu lisible. La loi Pacte permet de transférer ces contrats vers un PER individuel comme le PER Generali Patrimoine, tout en conservant l’antériorité fiscale des droits et sans taxation lors du transfert. C’est une opportunité intéressante pour rationaliser vos supports et profiter d’une enveloppe plus moderne et plus souple à la sortie.
Dans le cadre d’un transfert vers Generali, les droits acquis sont ventilés dans les compartiments appropriés (C1, C2, C3) en fonction de la nature des versements historiques (volontaires, obligatoires, épargne salariale). Des frais de transfert peuvent être prélevés par l’assureur d’origine, plafonnés à 1 % si le contrat a moins de 5 ans, puis 0 % au-delà. En pratique, certains acteurs continuent toutefois de facturer des montants proches du plafond légal, d’où l’importance de vérifier le détail sur le relevé de situation.
Faut-il pour autant transférer systématiquement vers le PER Generali ? Pas forcément. L’arbitrage doit tenir compte des frais du contrat récepteur, de la qualité du fonds euros, des unités de compte proposées et de la difficulté pratique du transfert (certains avis clients évoquent des délais de plusieurs mois). Dans bien des cas, transférer vers un PER plus compétitif (Spirica, Suravenir, Cardif) sera plus intéressant sur le long terme. Generali peut néanmoins se justifier si vous valorisez sa solidité, son fonds euros et si vous parvenez à obtenir une forte réduction des frais d’entrée et de gestion.
Versements exceptionnels et déblocage anticipé : conditions réglementaires
La flexibilité du PER Generali tient aussi à la possibilité d’effectuer des versements exceptionnels, par exemple en fin d’année pour optimiser votre impôt une fois votre TMI connue ou estimée. Une stratégie fréquente consiste à réaliser un versement significatif en octobre-novembre, après avoir simulé sa fiscalité, afin d’ajuster au plus juste l’économie d’impôt procurée. C’est un peu comme ajuster la voilure de votre bateau avant la fin de la course fiscale annuelle.
Concernant le déblocage anticipé, le PER obéit aux règles légales communes à tous les assureurs. Les cas autorisés sont limitativement prévus : décès du conjoint ou partner de PACS, invalidité de 2e ou 3e catégorie, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire, et achat de la résidence principale (pour les compartiments C1 et C2). Dans ces situations, vous pouvez demander le rachat total ou partiel de votre PER Generali avant la retraite, sous réserve de fournir les justificatifs exigés.
Les témoignages d’épargnants font cependant état de lenteurs administratives et de difficultés pour obtenir un déblocage effectif dans des délais raisonnables. Il n’est pas rare que plusieurs mois s’écoulent entre la demande initiale et le versement des fonds, surtout en l’absence d’interlocuteur dédié. Avant de compter sur le PER comme “filet de sécurité” en cas de coup dur, il est donc prudent de constituer parallèlement une épargne de précaution liquide (livrets réglementés, compte à terme, assurance vie sans contrainte) pour faire face aux urgences.
Fiscalité de sortie en rente versus capital : simulation selon tranches marginales d’imposition
La grande question reste : vaut-il mieux sortir en rente viagère ou en capital ? La réponse dépend de votre situation fiscale au moment de la retraite, de votre patrimoine global et de votre appétence au risque. En cas de versements déduits à l’entrée, la part de capital correspondant aux versements est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu à la sortie, tandis que les gains sont imposés au PFU (31,4 % depuis la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %) ou, sur option, au barème.
Imaginons un épargnant ayant versé 100 000 € déductibles sur son PER Generali, valorisés à 150 000 € au moment de la retraite. En cas de sortie en capital unique et de TMI à 11 %, les 100 000 € de versements seront taxés à 11 % (soit 11 000 € d’IR), et les 50 000 € de gains au PFU 31,4 % (15 700 €), soit un coût fiscal global de 26 700 €. Si cet épargnant avait bénéficié pendant la phase d’épargne d’une économie d’impôt de 30 000 € (versements réalisés majoritairement en TMI 30 %), l’opération reste globalement gagnante.
En cas de sortie en rente viagère, la rente est imposée comme une pension de retraite après abattement de 10 %. Pour un contribuable en TMI 30 % à la retraite, la charge fiscale annuelle peut être significative, mais l’étalement sur la durée lisse l’effort, ce qui est parfois plus confortable psychologiquement que de s’acquitter d’un impôt important en une seule fois. À l’inverse, pour un retraité dont les autres revenus sont faibles (TMI 0 % ou 11 %), une sortie en capital fractionnée sur plusieurs années peut permettre d’optimiser finement la fiscalité, en restant dans les tranches basses.
Comparatif concurrentiel du PER generali face aux leaders du marché
Face aux poids lourds de l’épargne retraite en ligne (Linxea Spirit PER adossé à Spirica, PER Suravenir, Lucya Cardif PER, PER Matla, PER Yomoni, etc.), le PER Generali Patrimoine occupe une position contrastée. Ses points forts résident dans la solidité financière de l’assureur, la qualité de son fonds euros, la profondeur de son univers d’unités de compte (SCPI, SCI, ETF, private equity) et une ingénierie retraite complète (options de rente, compartiments, garanties).
En revanche, sur le terrain décisif des frais, Generali est clairement à la traîne lorsque le contrat est souscrit via les réseaux traditionnels : frais sur versements élevés, frais de gestion UC supérieurs à la concurrence en ligne, frais d’arbitrage payants, et parfois des frais additionnels de mandat en gestion pilotée. Les PER Suravenir et Spirica, distribués à 0 % de frais d’entrée et 0,50-0,60 % de frais de gestion UC, prennent un net avantage pour les investisseurs orientés unités de compte.
Les retours d’expérience clients soulignent également des difficultés d’accès au service client Generali, des délais longs pour les transferts sortants ou la liquidation des prestations, ainsi qu’une interface digitale perfectible. À l’inverse, les acteurs 100 % en ligne misent sur des parcours fluides, des arbitrages gratuits et une information plus transparente sur les performances des profils pilotés. Pour un épargnant autonome et sensible aux frais, ces contrats concurrents apparaissent souvent plus attractifs que le PER Generali Patrimoine standard.
Il existe toutefois une nuance importante : certains courtiers et CGP indépendants négocient avec Generali des grilles de frais allégées (0 % de frais d’entrée, frais de gestion réduits), rendant alors le PER Generali beaucoup plus compétitif. Dans ce cas, le contrat peut tout à fait se hisser au niveau des meilleures offres, en combinant la puissance d’un grand assureur et l’optimisation tarifaire d’un distributeur indépendant. Tout l’enjeu consiste donc à ne pas accepter d’emblée la grille “catalogue” proposée en agence, mais à jouer la concurrence.
Évaluation client et recommandations d’allocation selon profils investisseurs
Les avis clients sur le PER Generali et les anciens contrats retraite Madelin/Article 83 de l’assureur sont très contrastés. De nombreux témoignages pointent des difficultés pour clôturer ou transférer les contrats, des délais de plusieurs mois pour obtenir une rente ou un capital, un SAV peu réactif et une opacité sur les frais prélevés. Certains assurés dénoncent même une restitution de capital inférieure aux sommes versées après plusieurs années, en raison de frais élevés et de performances modestes. Ces retours doivent être pris en compte, même s’ils reflètent souvent des expériences sur des gammes anciennes ou mal paramétrées.
Pour autant, le PER Generali Patrimoine, bien utilisé, peut constituer une brique pertinente dans une stratégie retraite, à condition de respecter quelques principes clés. D’abord, négocier fermement les frais d’entrée et viser 0 % sur versements, quitte à passer par un courtier indépendant plutôt qu’une agence bancaire classique. Ensuite, privilégier une allocation cohérente avec l’horizon de placement : plus vous êtes loin de la retraite, plus la part en unités de compte actions/ETF doit être élevée, quitte à sécuriser progressivement via le fonds euros à l’approche de l’échéance.
Concrètement, on peut esquisser quelques allocations types :
- Profil prudent (retraite < 10 ans) : 60-80 % fonds euros Generali, 20-40 % UC diversifiées (obligations, immobilier, quelques ETF monde), gestion à horizon prudent recommandée.
- Profil équilibré (retraite à 10-20 ans) : 40-50 % fonds euros, 50-60 % UC avec cœur de portefeuille en ETF actions monde + poches immobilières (SCPI/SCI) et obligations. Gestion pilotée équilibrée ou dynamique selon tolérance au risque.
Pour un profil dynamique à plus de 20 ans de la retraite, une allocation pouvant aller jusqu’à 70-80 % en ETF actions mondiales, complétée par 10-20 % en immobilier et seulement 10-20 % en fonds euros, reste pertinente, en particulier si vous êtes prêt à accepter la volatilité boursière. La clé ? S’en tenir à une stratégie simple et disciplinée plutôt que de multiplier les fonds “à la mode” au gré des conseils commerciaux.
Au final, le PER Generali n’est ni le meilleur ni le pire des PER : c’est un outil puissant mais exigeant, qui donne le meilleur de lui-même lorsqu’il est paramétré par un conseiller réellement indépendant, attentif aux frais et à votre profil de risque. Si vous détenez déjà un PER ou un ancien contrat retraite chez Generali, une étude de transfert vers un PER plus compétitif peut se justifier. Dans tous les cas, prenez le temps de comparer, de lire les conditions générales et de simuler différents scénarios de versement/sortie : sur un horizon de 20 à 30 ans, quelques dixièmes de pourcent de frais ou de rendement font toute la différence sur votre future retraite.